Excellente synthèse de Madmoizelle de l’importance de ce dispositif :

- “l’égalité est une nécessité économique”

C’est ainsi que 80% des actives et actifs français•e•s travaillent dans un environnement professionnel non mixte, c’est à dire essentiellement masculin ou essentiellement féminin.

Le problème avec cette répartition très tranchée est que les différents secteurs ont tendance à se priver de la moitié des talents et des potentiels disponibles. 

- “le sexisme est un terreau de la violence”

Le sexisme nourrit le harcèlement de rue, cette épuisante banalité qui empoisonne le quotidien de millions de femmes. Oui, nous sommes des millions, à subir régulièrement les tentatives d’approches, les insultes allant jusqu’aux agressions, en plein jour, dans les lieux publics.

Allez lire les milliers de témoignages qui continuent d’être publiés sur le Tumblr « je connais un violeur » et rendez-vous compte de l’ampleur du problème, monsieur le ministre : vous pouvez soit refiler le dossier aux ministères de la Justice et de l’Intérieur, soit décider que la solution passe parl’éducation des filles et des garçons au respect de l’autre et de son consentement.

et la conclusion

Harcèlement de rueSlut-shamingCulture du viol. Si ces expressions vous sont étrangères monsieur le ministre, sachez qu’elles décrivent notre quotidien de jeunes femmes françaises, en 2014. 

Et les garçons aussi souffrent des injonctions et des attentes que notre modèle de société patriarcale fait peser sur eux.

Pensez à ceux que l’homophobie rend malade, et celles que ce monde sexiste épuise.

La Manif Pour Tous s’est choisi le slogan « On Ne Lâche Rien ». Mais nous non plus, monsieur le ministre, on ne lâchera rien. Remarquez, dans notre position, c’est plutôt facile : nous sommes déjà acculé•e•s, ce n’est pas comme si nous pouvions reculer davantage.

"Vous allez recevoir une force et vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre"

Première lecture de l’Ascension
Lue il y a un milliard d’années par Soph’ devant 30 000 personnes à Melbourne pour les DID

Croyez-moi, tout ceci est vrai, He raises you up !

"Vous allez recevoir une force et vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre"

Première lecture de l’Ascension
Lue il y a un milliard d’années par Soph’ devant 30 000 personnes à Melbourne pour les DID

Croyez-moi, tout ceci est vrai, He raises you up !

Chanter, prier, témoigner… vivre Sa Joie et célébrer.

Cup Song de la Journée Diocésaine des Jeunes le 24 mai 2014 à Toulouse (1300 participants) - un film Tolosa Production

Intention de prière pour tous les jeunes présents, pour que leurs coeurs soient embrasés !

"Tant de monde souffre en ce Proche-Orient. Et depuis trop longtemps. Quand plus personne n’y croit, un homme en blanc est venu jusqu’ici pour dire : « reparlons-en » . Il est grand temps."

"La théologie de la main posée" - Bernard Decottignies

Intention de prière pour la paix et les chrétiens d’Orient

"Dans ce lieu où est né le Prince de la Paix, je voudrais vous adresser une invitation, à vous Monsieur le Président Mahmoud Abbas, ainsi qu’au président Shimon Peres, à élever ensemble avec moi une prière intense pour demander à Dieu le don de la paix. J’offre ma maison au Vatican pour que cette rencontre de prière ait lieu. Tous, nous voulons la paix. (…) Construire la paix, c’est difficile, mais vivre sans la paix est un tourment !"

Discours du Pape François à l’issue de la messe à Bethléem, dimanche 25 mai

Et Mahmoud Abbas et Shimon Peres ONT ACCEPTE.

#c’estmonpape #pape de l’Espérance

by-grace-of-god:

Pope Francis made an unscheduled stop on Sunday to pray at Israel’s security barrier en route to Bethlehem where he celebrated Mass in Manger Square.  His car suddenly stopped and he got out and walked through the crowds to stand in front of the barrier and pray before it. (vatican radio)

#c’estmonpape

Quand 8 de mes 10 jeunes se sont inscrits à la JDJ (Journée Diocésaine des Jeunes) et qu’ils sont le groupe le plus important de la paroisse :)

Alleluia !!!

Quand 8 de mes 10 jeunes se sont inscrits à la JDJ (Journée Diocésaine des Jeunes) et qu’ils sont le groupe le plus important de la paroisse :)

Alleluia !!!

François

C’était le deuxième rendez-vous attendu de ce dimanche. VOIR François. Ou Francis. Ou Francisco. Ou Francesco. Peu importe. Mais le voir.

Pendant la dernière demie-heure d’attente avant la cérémonie, je m’aperçois qu’une voie pour les voitures est aménagée au centre de l’avenue et est gardée par des hommes en uniforme. J’entrevois alors la possibilité d’une chose complètement plus-que-croyable : le Pape va peut-être passer par là.

MON Pape “du Tiers-Monde” pour la venue duquel j’ai tant prié. MON Pape dont les sermons m’inspirent tant depuis un an. MON Pape de l’Espérance. QUI VA PASSER PEUT-ETRE JUSTE LA. A quelques mètres de moi.

Quand la cérémonie commence (sur La Litanie des Saints)(je déteste la Litanie des Saints)(même si je comprends bien que vu le contexte, il aurait été difficile d’y échapper), je réalise que non il ne passera pas vu qu’il est déjà sur l’estrade devant la basilique. Laetitia me regarde d’un air déçu, elle aussi avait repéré le passage. “Attends il reste encore une possibilité tout à l’heure après la cérémonie”. Depuis l’élection de ce Pape, l’Espoir en moi est indestructible.

Après le “Ita missa est” une grande clameur s’empare de la foule.

Bon c’est MAINTENANT ou jamais François. Je t’attends.

Pendant que les politiques vont le saluer sur l’estrade, la foule sur l’avenue se disperse.

Nous arrivons enfin à rejoindre Dorothy. “Bon on fait quoi maintenant ?” “J’aimerais bien attendre car il y a ce passage là pour les voitures donc peut-être que le Pape…” Je n’ai même pas le temps de finir ma phrase, elle acquiesce “OK ON ATTEND”.

On décide de se rapprocher du passage. A ce moment là les hauts-parleurs diffusent “Jesus Christ you are my life” (chanson des JMJ de Rome). Avec Laetitia nous chantons en marchant, Dorothy agite son drapeau australien. Une dame du Costa Rica nous arrête pour prendre “les australiens qui chantent bien en photo”. Ah raté. Nous discutons un peu avec elles (déjà pour lui dire que nous ne sommes pas toutes australiennes)(même si au vu des drapeaux “Manif pour tous” accompagnant presque systématiquement les drapeaux français dans la foule, je n’ai jamais été aussi soulagée de passer pour une australienne).

Soudain, un homme tape sur l’épaule de Dorothy et se présente. “Chanel Ten”. Une des trois chaînes nationales australiennes. Au début il veut nous interviewer toutes les trois puis quand il comprend que seule Dorothy est australienne, il se tourne ostensiblement vers elle et ne nous adressera plus trop la parole à Laetitia et moi. Son cameraman (beaucoup plus sympa) arrive tout essouflé et ils interwievent Dorothy. Puis ils nous demandent “vous croyez que le Pape va passer là ?” “on ne sait pas mais on espère que oui, on l’attend”.

François finit (ENFIN) par prendre congé et monter dans sa papamobile. Il y a un doute sur le fait qu’il viendra sur l’avenue car les prêtres qui portaient la communion ne sont pas venus et sont restés sur la place Saint-Pierre. Il y avait à ce moment-là des barrières et un cordon de volontaires qui barraient l’accès entre la place et l’avenue.

La papamobile tourne sur la place, on essaye de la repèrer par rapport aux mouvements sur l’écran, à un moment on croit vraiment qu’il est en train de quitter la place par le côté. J’essaye de la voir au loin mais je n’arrive pas à la distinguer.

Et puis dans un ultime rebondissement, elle fait un dernier tour et s’engage dans l’avenue. Une immense clameur s’empare de la foule. IL ARRIVE. IL VIENT NOUS BENIR.

Au bout de 3 minutes qui me semble une heure, j’aperçois le toit de la papamobile EN VRAI.

IL EST LA, IL EST LA.

Puis il passe. Il bénit la foule bien plus loin que là où je me trouve (donc son regard est au loin) mais je vois son sourire. Un sourire chaleureux. Son visage, si crispé pendant la cérémonie, est complètement détendu. La joie et l’amour du Christ se lisent littéralement sur son visage, il est véritablement transfiguré.

Qu’il est beau MON Pape.

Une fois qu’il est passé, un torrent de joie s’empare de moi. Je me jette les larmes aux yeux dans les bras de Laetitia et Dorothy qui sont en pleurs.

Et je réalise que tout le long Chanel Ten nous a filmé. Je pense à toutes ces personnes qui m’ont fait tant de mal down under et qui vont me voir peut-être dans leur écran ce soir bénie par le Pape. Je pense surtout à une en particulier. Et la joie inonde mon coeur et finit de laver les derniers relents de colère.

**********

Pendant tout l’après-midi et dans la soirée qui ont suivi cette matinée extraordinaire, plus-que-croyable, j’ai senti ce brasier de joie en moi.

A l’heure où j’écris ces lignes, je le ressens toujours, le retour à la vie quotidienne ne l’a pas encore assoupi.

Quelle grâce.

J’ai l’impression d’être dans le même état que lorsque je suis rentrée des JMJ de Rome il y a 14 ans.

En fait, ce n’est pas une impression. C’est exactement COMME les JMJ de Rome. Mais ce n’est pas de la nostalgie, ou un “goût” de. C’est la même sensation de brasier de joie.

Depuis 14 ans, et à chaque JMJ ou grand rassemblement, je ressens cette sensation “un peu comme les JMJ de Rome”. En 2004 à Lourdes, c’était aussi “un peu comme les JMJ de Rome”. C’est toujours “un peu comme”, jamais “exactement comme”. Et jamais je n’aurais cru que c’était possible que ça revienne “exactement comme”. Car je n’aurais plus jamais 17 ans. Et pourtant j’ai eu la grâce de le vivre à nouveau dimanche matin. Dans la maturité de mon coeur à ce moment-là. Tout comme la messe fait revivre le sacrifice du Christ.

Ce qui veut donc dire que cet embrasement de joie et de foi peut revenir encore “exactement comme” dans l’avenir.

Par une coïncidence folle (mais la folie n’est-elle pas la sagesse de Dieu) j’ai vécu EXACTEMENT ce que le Pape proposait dans son homélie pour la Veillée Pascale :

Pour chacun de nous aussi, il y a une “Galilée” à l’origine de la marche avec Jésus. “Aller en Galilée” signifie quelque chose de beau, signifie pour nous redécouvrir notre Baptême comme source vive, puiser une énergie nouvelle à la racine de notre foi et de notre expérience chrétienne. Revenir en Galilée signifie surtout revenir là, à ce point incandescent où la grâce de Dieu m’a touché au début du chemin. C’est à cette étincelle que je puis allumer le feu pour l’aujourd’hui, pour chaque jour, et porter chaleur et lumière à mes frères et à mes sœurs. À cette étincelle s’allume une joie humble, une joie qui n’offense pas la douleur et le désespoir, une joie bonne et douce.

Dans la vie chrétienne, après le Baptême, il y a aussi une “Galilée” plus existentielle : l’expérience de la rencontre personnelle avec Jésus Christ, qui m’a appelé à le suivre et à participer à sa mission. En ce sens, revenir en Galilée signifie garder au cœur la mémoire vivante de cet appel, quand Jésus est passé sur ma route, m’a regardé avec miséricorde, m’a demandé de le suivre ; retrouver la mémoire de ce moment où ses yeux ont croisé les miens, le moment où il m’a fait sentir qu’il m’aimait.

L’évangile de Pâques est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre.

Recevoir le feu et le porter à tous.

J’espère avoir réussi à vous communiquer un peu de ce feu de joie qui me nourrit depuis dimanche par ce témoignage. Amen.

image

Génération Jean-Paul II (3)

Il est donc 7h et je suis coincée au milieu de 500.000 personnes sur la Via de la Conciliazone.

Les grands écrans commencent à passer des images des deux futurs saints et parallèlement des gens commencent à fendre la foule en sens inverse pour partir (je suppose qu’ils n’ont pas la place qu’ils voulaient et préfèrent aller assister à la cérémonie moins oppressés). A chaque passage, la foule bouge, avance un peu, se bouscule. Il y a une dame en fauteuil devant nous contre laquelle tout le monde se cogne en croyant que l’emplacement est vide.

J’ai l’impression d’être retournée dans cet antre de l’enfer qu’est la file d’attente pour le Saint Sépulcre.

Je dis en riant à Laetitia “Oui voilà c’est exactement ce que Jésus nous a dit : “marchez sur les pieds des autres pour venir jusqu’à moi”“.

Quelques instants plus tard, un groupe de polonais se met entre moi et mes amies. Un (charmant) italien (à peu près de mon âge je dirais) dit alors en riant à son copain à côté de lui “mais enfin je ne comprends pas, on ne pourra pas aller plus loin, le but maintenant c’est d’assister à la canonisation dans de bonnes conditions TOUS ENSEMBLE”.

Trois minutes plus tard, une des polonaises s’évanouit. Nous crions chacun dans notre langue “ayudo - medico - un médecin - help”. L’italien me met la main sur l’épaule en me disant un peu sèchement “pousse-toi, il y a un docteur derrière toi”. Je lui souris et m’écarte du mieux que je peux, puis je sers d’assistante à l’étudiant en médecine qui essaye de ranimer la polonaise. Elle rouvre les yeux et son groupe décide de faire marche arrière. L’étudiant en médecine essaye d’haranguer la foule “nous n’arriverons pas jusqu’à Saint Pierre, vous feriez mieux de faire demi-tour et d’aller ailleurs, vous allez tous vous évanouir ici”.

Je ne suis fondamentalement pas d’accord. C’est un acte de foi. Non nous n’arriverons pas à Saint Pierre mais je crois que le Seigneur a prévu de belles choses pour nous là où il nous a mené, ICI.

De toute façon personne ne bouge.

Pour retrouver mon attitude du Saint Sépulcre, je me dis que ça serait bien de prier. Je meumeume une chanson. Les grands esprits se rencontrent, l’italien sort un livre de prières des heures et chante les laudes avec son acolyte. PARFAIT. Je me joins à leur prière.

La foule se déplace et je vois mes amies s’éloigner et se retourner vers moi inquiètes. “Tout va bien, je prie, ne vous inquiétez pas, je suis sur mon chemin, on se retrouve tout à l’heure !”

Les évanouissements se poursuivent pendant les deux heures qui suivent, les mouvements de foule aussi. Nous restons quand même sensiblement à côté avec les deux italiens des Laudes. Ils font beaucoup de blagues, que je comprends (par un miracle inexplicable depuis les JMJ de Rome je comprends assez bien l’italien sans l’avoir jamais étudié)(la pratique du latin et de l’espagnol - et du français évidemment -  doit expliquer ma proximité avec la langue italienne), je leurs réponds en anglais, nous passons vraiment un bon moment. Nous ne posons aucune question sur nos identités, nos pays ou villes d’origine. Nous savons que nous ne reverrons jamais après cette messe. Mais nous passons un bon moment quand même.

A un moment l’italien a déplié un petit siège pour s’asseoir. A la suite d’un petit mouvement dans la foule, il s’est retrouvé le visage collé aux fesses de la fille devant lui. “Ah c’est ça que voulait dire Saint Paul quand il disait “nous sommes un seul corps”“. Et de fait. Nous étions un seul corps, une seule foule, tellement au fur et à mesure, nos corps se sont retrouvés imbriqués les uns dans les autres. Laetitia avait un enfant incrusté sur sa jambe et moi les mains d’un monsieur sur mes fesses qui s’excusait toutes les trois minutes et essayait vainement de se dégager. Je pense que j’aurais préféré un enfant mais de toute façon nous n’avions pas tellement le choix. Cela dit moi qui ai tellement de mal avec les distances physiques dans mes relations aux hommes, cela ne m’a pas du tout gêné. Car j’avais naturellement confiance.

Un peu plus loin, un groupe de jeunes filles italiennes lance “Emmanuel” l’hymne des JMJ de Rome. Comme je connais encore toutes les paroles par coeur, je chante avec elles, par dessus les têtes elles me sourient. Les italiens sont impressionnés. Ils nous rejoignent pour le refrain (en inventant les paroles de la seconde voix - “faccio la segonda voce” chantent-ils) et là je me rends compte que tous nous sommes de vieux jmjistes de Rome. La Génération Jean-Paul II, c’est nous.

L’attente continue. Sur les écrans, les uniques images des JMJ seront celles de Tor Vergata, la veillée des JMJ de Rome. Evidemment je verse quelques larmes. Le Christ est entré dans mon coeur ce soir-là et n’en est plus jamais sorti.

Au fur et à mesure des mouvements de foule, je vois que Laetitia se rapproche de moi (ou peut-être est-ce l’inverse). Nous nous retrouverons à côté pour les lectures, grâce aux mouvements de foule mais aussi à un couple, qui en partant, a tiré Laetitia par le bras pour qu’elle se retrouve à mes côtés.

Nous nous retrouvons alors sur “la linea del semaforo” qui sert aux secours de repère pour fendre la foule. Toutes les trois minutes une enfilade de cinq personnes, deux urgentistes et trois volontaires du service d’ordre nous demandent de nous pousser dans un sens puis dans l’autre. Pendant 4h ils vont inlassablement s’excuser de passer devant nous, sèchement les premières fois puis à force c’est comme si on avait fait la guerre ensemble. “A tout à l’heure les gars, bon courage”. Je pense qu’ils ont transporté sur leurs épaules une bonne cinquantaine de personnes en tout. Ils sont passés tellement de fois devant moi que si je ferme les yeux j’arrive à me rappeler parfaitement de leurs visages. Je ne veux pas les oublier, ils ont fait un boulot plus-que-croyable.

La cérémonie était belle. Mais il s’est passé surtout quelque chose de plus-que-croyable.

Sans avoir toujours “accès” à l’écran géant, j’ai parfaitement réssui à la suivre. Car la foule était priante.

Quelque chose s’est passé entre nous après l’ouverture. Ca poussait toujours. Mais nous étions unis. Quand la pluie a commencé à tomber, nous nous sommes tous aidés mutuellement à mettre nos manteaux et nos chapeaux. Quand les secouristes passaient, nous nous tenions les uns aux autres pour ne pas tomber. L’italien m’a tenu mon sac le temps que je puisse faire une photo. Nous ne faisions que nous sourire. Nous étions EN COMMUNION. Nous étions devenus en vérité tout ce que nous disons à la messe. Frères et soeurs, membres du même corps, LE SAINT PEUPLE DE DIEU.

Pendant cette heure et demie, nous étions réellement dans le Royaume de Dieu, de la manière la plus concrète possible, la plus terrestre possible.

Le Notre Père a été un moment particulièrement fort où nous avons tous prié spontanément, en latin mais aussi dans nos langues.

La Paix du Christ a été un moment exceptionnel. Serrer la main de mes voisins avec lesquels je venais de vivre cette expérience incroyable a rempli mon coeur de joie et de paix. Je n’étais plus à côté des Italiens à ce moment-là mais nos regards se sont trouvés dans la foule. Nous étions en pleine communion.

Je n’avais JAMAIS connu ça auparavant. Aux JMJ, les jeunes n’ont pas l’habitude de la messe, leur attention se disperse et c’est difficile de suivre. Là, la ferveur et la prière des autres a soutenu ma propre prière. Je ne sais pas si j’aurais aussi bien réussi à suivre sans le soutien spirituel de tous ces anonymes autour de moi.

Pour sa canonisation, la Génération Jean-Paul II avait mûri assez pour savoir ce qu’elle avait à faire. Cette ferveur de masse est le plus bel hommage que nous pouvions lui rendre et la preuve que cet homme est vraiment SAINT.

Regardez ce qu’il a fait de nous.

Il nous a transformé, nous petits humains égoïstes, en un corps divin, en peuple de Dieu.

Aprite le porte a Cristo, non abbieta paura. Spalancate il vostro cuore a l’amore di Dio.

Ouvrez les portes au Christ, n’ayez pas peur. Ouvrez grand votre coeur à l’Amour de Dieu.

(Hymne de la béatification de Jean-Paul II composé par Mgr Marco Frisina, dont les paroles sont tirées de la première homélie de Jean-Paul II)

Génération Jean-Paul II (2)

Le deuxième jour, mon amie Laetitia est arrivée à Rome.

C’est avec Laetitia que j’ai vécu les JMJ de Rome en 2000 et toutes les JMJ européennes depuis. A vrai dire, une semaine auparavant, en pensant à ce voyage, je me disais que si elle n’était pas là, quelque chose manquerait à la fête.

Le soir même je recevais un message de sa part me disant qu’elle venait de prendre des billets d’avion pour venir à Rome pour la canonisation.

Bon tout est en place.

Nous avons occupé cette journée du samedi en faisant un pèlerinage dans Rome grosso modo de la Fontaine de Trevi au Trastevere. Nous avons visité beaucoup d’églises, prié, découvert (pour ma part) le Panthéon et Saint-Louis-des-Français.

Saint Louis des Français a été une expérience particulière. C’était là que se tenait le stand d’accueil des pèlerins français avec un petit livret proposant un parcours dans les églises françaises de Rome et une exposition sur les liens entre les deux futurs saints et la France.

Au moment où nous avons passé la porte, nous nous sommes rendues compte que la messe était en train d’être célébrée. Nous étions au début de la prière eucharistique. Je me suis donc retrouvée en train de chanter le Sanctus et d’admirer les peintures du Caravage en même temps. C’était une nouvelle façon d’entrer dans la prière eucharistique et j’avoue que ça m’a plu.

Pour l’élévation, je me suis tournée dans la direction de l’autel même si je ne le voyais pas du tout de là où j’étais.

Je me suis ensuite retrouvée à dire le Notre Père un peu plus loin face à la photo de Jean-Paul II à Lourdes en 2004. C’était notre dernière rencontre, pour son homélie féministe :)

Je suis arrivée dans l’assemblée pour la paix du Christ. J’ai tendu la main à mon voisin qui s’est excusé en me disant qu’il était italien et ne parlait pas français. Nous l’avons échangée une seconde fois en italien.

Je n’ai pas hésité à m’avancer pour recevoir le Corps du Christ. L’atmosphère de l’église était tellement chargée de ferveur que je me sentais en communion, oui même avec les affreux “manifestants pour tous” présents dans l’assemblée, et donc prête à Le recevoir.

Je n’avais pas petit-déjeuné, ça a été mon premier repas de la journée :)

Après avoir atteint la Piazza Navona, nous sommes parties en quête d’un endroit où nous restaurer. Nous avons trouvé une petite pizzeria avec une vieille serveuse absolument fascinante tout droit sortie d’un film de Fellini. La pizza était tellement copieuse que je n’ai rien mangé d’autre de la journée !

Nous avons consacré l’après-midi à marcher encore, jusqu’à la Piazza del Popolo au Nord puis ensuite en redescendant jusqu’au Trastevere où Dorothy avait repéré la Via Santa Dorotea. Dans cette rue se trouvait une église dédiée à sa sainte patronne, la première église dédiée à sa sainte patronne où elle entrait de toute sa vie (ça ne m’est encore jamais arrivé d’ailleurs). Sa joie et sa piété étaient contagieuses, ce fut un nouveau moment de communion intense.

Alors que nous sortions de Santa Dorotea, la pluie s’est mise à tomber. Nous nous sommes abritées dans un café pour reposer un peu nos pieds. Sous la pluie, nous sommes ensuite redescendues vers le Forum et nos hôtels. Idéalement nous aurions aimé finir la journée par une adoration mais elles étaient situées très loin et nous avons préféré écouter nos corps et aller nous reposer.

Il avait été diffusé que les portes de la Place Saint Pierre s’ouvriraient vers 7h du matin, nous avons donc réglé nos réveils pour 4h30 afin de partir à pied vers 5h et d’y être vers 6h.

Ce pèlerinage dans les ténèbres du lever du jour et dans les rues encore vides de Rome a été un moment vraiment fort et particulier. Au niveau du Corso Vittorio Emmanuele, nous avons rejoints d’autres pèlerins et nous nous dirigions tous vers la même destination dans une atmosphère résolument jmjiste.

En réalité, les portes avaient été ouvertes à 1h du matin (en fait je crois qu’ils n’ont pas réussi à les fermer après la Vigile) donc nous nous sommes retrouvées à 6h30 du matin à l’angle de la Via de la Conciliazone (l’avenue qui mène à la place) juste sous les feux de signalisation (la linea del semaforo). Les gens autour étaient un peu frustrés de s’arrêter si près du but, en plus nous ne savions pas si les portes étaient ouvertes ou non et donc si nous allions encore avancer ou non.

Pour ma part, quand j’ai passé le croisement et que j’ai vu la coupole de Saint-Pierre, je n’ai pas pu m’empêcher de crier de joie “JE VOIS SAINT-PIERRE C’EST GENIAL ALLELUIA” ce qui a bien fait marrer deux français justement en train de râler qu‘“on ne voyait rien” quelques mètres plus loin. Car jamais en anticipant ce voyage je n’avais imaginé que je serais aussi près de l’action, je savais bien qu’avec mon fils, je n’allais pas pouvoir faire le pied de grue pendant des heures dans une foule aussi dense.

A 7h du matin, comme nous n’avions pas bougé, nous avons compris que nous vivrions la canonisation ici avec ces personnes mêmes qui nous entouraient et qui allaient attendre avec nous 3h au même endroit sans pouvoir bouger. Je me suis alors sentie arrivée au bout de mon pèlerinage d’action de grâce :)