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Nous sommes tous tentés car la loi de la vie spirituelle, notre vie chrétienne est une lutte : une lutte. Parce que le principe de ce monde - le diable- ne veut pas de notre sainteté, il ne veut pas que nous suivions le Christ.

(…)

Soyons attentifs parce que si nous n’arrêtons pas à temps ce filet d’eau [de la tentation], quand il grandira et contaminera, ce sera une marée telle qu’elle ne fera que nous pousser à nous justifier du mal, comme ces personnes qui se sont justifiées en affirmant qu’il « vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple».

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— Homélie du Pape François - Chapelle de la maison Sainte Marthe, vendredi 11 avril 2014

C’est une photo

C’est une photo qui est dans l’entrée chez mes grand-parents paternels.

Je les appelle “mes grand-parents” mais en fait lui, ce n’est pas mon grand-père, c’est mon grand-oncle (je n’ai jamais connu mon grand-père paternel, il est mort avant ma naissance), célibataire sans enfants (mais plein de neveux et nièces) qui vit avec sa soeur (ma grand-mère paternelle).

C’est une photo d’un jardin à Alger. Il y a des palmiers, une grille, une route qui serpente sur le côté et des immeubles blancs en arrière-plan.

C’est une photo que si je ferme les yeux, j’en vois tous les détails tellement je l’ai vue sans la voir.

Je dis que c’est “à Alger” mais j’en sais rien. Je suppose.

Dans ma tête je l’appelle le “Jardin d’Alger”.

C’est une photo dont jamais personne ne m’a dit ce que c’était, exactement.

C’est une photo dont je n’ai jamais demandé où c’était, exactement. Parce que c’est compliqué, on a envie de savoir mais pas trop en même temps, on sait que ce n’est agréable pour personne d’en parler.

C’est une photo que j’ai cherchée sur Google en tapant “Alger jardin en noir et blanc” mais je ne l’ai pas trouvée.

Si ça se trouve, c’est quelqu’un de ma famille qui l’a prise. Et cette photo sur le mur en est le seul exemplaire.

Si ça se trouve, il y a des marchands de photos d’Alger en noir et blanc qui se font des fortunes en décorant les entrées des appartements des vieux pieds-noirs qui oublient s’ils ont déjà acheté des tomates dans la journée mais n’ont pas oublié le Jardin d’Alger.

Si ça se trouve, il y a un marchand de photos, qui au lieu de prendre ses meubles dans ses “cadres” au moment du rapatriement y a empilé toutes ses pellicules, pour tapisser ensuite ses murs, dans cette métropole où personne de sa famille n’avait plus mis les pieds depuis 1870, de photos d’Alger et se croire encore un peu “là-bas”.

Se croire dans cette Alger (Oran, Sidi-bel-Abbès, Parmentier, Lamtar - rayez la mention inutile) dont il parlera religieusement tous les dimanches à ses enfants et ses petits-enfants plus de 50 ans après l’avoir quittée. Et un jour le chemin de ce marchand de photo qui a tout risqué pour ses pellicules a croisé la route de mes grand-parents et la photo s’est retrouvée dans l’entrée.

Ils ont discuté du Jardin d’Alger en buvant une anisette et en mangeant un gâteau marbré au rhum. Ils ont passé une bonne après-midi où ils ont oublié quelques instants la douleur de l’exil.

C’est une photo à laquelle je pense ce soir car mon grand-oncle ne va pas bien, car on ne sait pas s’il va pouvoir côtoyer encore longtemps la photo du Jardin d’Alger.

Je vous confie cette intention de prière.

Je ne sais pas si la vie qu’il mène en ce moment est vraiment “une vie” à proprement parler et s’il faut lui souhaiter qu’elle soit encore longue mais j’espère très fort que le paradis ressemble au Jardin d’Alger. Pour que la douleur cesse enfin.

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Encore un été,
Est-ce qu’on peut danser ?
Est-ce qu’on peut faire ça
Encore une fois ?

Est-ce que ça s’arrête page 427 ?
Est-ce qu’on atteindra la page 33 ?

On verra à la tombée du jour,
On verra à la nuit mon amour,
On verra plus tard
On verra en haut du grand plongeoir
On verra tout au fond du couloir
On verra ce soir…

Les pieds nus le sol
Une plage espagnole
Est-ce qu’on dormira
À Mérida ?

Est-ce qu’on pourra voir
La clinique un soir,
Est-ce que ça tiendra jusqu’aux Lilas ?

On verra à la tombée du jour,
On verra à la nuit mon amour,
On verra plus tard
On verra en haut du grand plongeoir
On verra tout au fond du couloir
On verra ce soir…

Encore un été,
Est-ce qu’on peut danser ?
Est-ce qu’on peut faire ça encore une fois ?

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Le Grand Plongeoir - Vincent Delerm

Une belle traduction du vertige de la parentalité.

signum-crucis:

Whenever anything disagreeable or displeasing happens to you, remember Christ crucified and be silent.—St John of the Cross

Quand quoi que ce soit de désagréable ou de déplaisant t’arrive, rappelle-toi du Christ crucifié et garde le silence.
Saint Jean de la Croix

signum-crucis:

Whenever anything disagreeable or displeasing happens to you, remember Christ crucified and be silent.
—St John of the Cross

Quand quoi que ce soit de désagréable ou de déplaisant t’arrive, rappelle-toi du Christ crucifié et garde le silence.

Saint Jean de la Croix

(via alwaysabeautifullife)

Malgré le fait que nous avons un enfant en bas-âge, nous l’emmenons à la messe.

C’est loin d’être de tout repos. On a bien conscience qu’on gêne les voisins. On est pas les plus attentifs de l’assemblée. Les différents curés ne nous disent jamais rien, voire glissent un clin d’oeil dans leur homélie sur “les petits enfants parfois bruyants que Jésus nous a dit de laisser venir à lui”.

Il a fallu qu’il ait 2 ans et demi pour qu’on réussisse à rester des messes entières aux grandes fêtes (en général on partait au credo).

On a compris très tôt que même s’il n’avait pas l’air de suivre il y avait une partie du message qui passait.

Il reprenait les chants avec des paroles à lui qui disaient quasiment la même chose (version culte de “L’amour jamais ne passera” reprise en “les bisous, les bisous lalala”)(ce qui est un peu la même chose, non ?).

Qui peut-être plus excité qu’un enfant de deux ans à l’idée de manger du pain ? (surtout quand ledit pain ressemble furieusement à UNE  CHIPS, la meilleure denrée qui existe au monde)

Qui peut être plus touché par la liturgie de la veillée pascale, par ce feu qu’on allume, par cette entrée aux chandelles dans une église sombre, par cette lumière qui brille dans la nuit pour nous pour toujours, qu’un enfant qui a une peur panique du noir ?

Grâce à mon fils, parce que je me le coltine à la messe, même si du coup je ne la suis pas “comme je devrais”, j’ai découvert des richesses insoupçonnées dans la liturgie.

Pour les Cendres, la messe de notre village était assez tard. On a décidé de l’emmener quand même, de toute façon on avait pas trop le choix.

Il n’a pas été sage du tout, heureusement l’église n’était pas pleine, donc il avait de la place pour se défouler sans trop gêner le déroulement de la célébration (le curé nous a dit qu’il n’avait pas été perturbé du tout).

Au moment de l’élévation, il s’est allongé sur un banc et n’a rien dit.

Par contre il s’est mis à crier juste avant la communion.

Je l’ai emmené dehors manu militari tandis que son père remontait l’allée pour aller communier. Je lui ai expliqué que son père et moi et les autres personnes venions à la messe pour “écouter” Jésus et que si lui criait, il nous empêchait de l’entendre nous parler, car Jésus il parle très très très doucement.

Quand il a compris qu’on resterait dehors et qu’il n’irait pas recevoir la bénédiction du prêtre, il s’est mis à pleurer. De grosses larmes, de vraies larmes de désespoir.

Maman, Maman, je veux y aller, je veux y aller.

Et là j’ai compris.

Qu’à son niveau, il a compris que nous n’allons pas simplement manger une chips, qu’il se passe quelque chose de plus, et que lui aussi est appelé à s’avancer, tel qu’il est.

Que, peut-être juste par mimétisme pour le moment, il a lui aussi envie de s’avancer vers le prêtre et de “communier”. 

Que, comme nous, il a envie de se mettre en marche vers cette rencontre, LA rencontre, qui nourrit et fait tenir nos vies.

Ca ne durera peut-être pas - même si nous espérons pour lui ça dure éternellement, mais aujourd’hui à 3 ans et demi, cela a déjà un sens à ses yeux. Pas le même que le nôtre. Mais c’est important quand même.

Et que, même s’il ne se tient pas “comme il devrait”, même s’il n’est pas un petit ange sage (surtout parce qu’il n’est pas un petit ange sage ?), il est de mon devoir de mère de ne pas l’empêcher d’aller à la rencontre de Jésus.

"Laissez venir à moi les petits enfants" ou la belle histoire de ce petit garçon “turbulent” qui s’est assis sur le fauteuil du Pape

m-e-u-f-s:

(la suite sur le blog de Martin Vidberg)

Le 13 mars, c’est la journée mondiale contre l’endométriose. Une pathologie difficile à diagnostiquer mais qui touche de nombreuses femmes. Deux témoignages à lire : "Cette maladie qui m’a pris mon compagnon, ma famille et mes amis" et "Endométriose : un fléau qui détruit mes patientes, leur désir de bébé et leur sexualité". (via Marine)

Et dire que j’ai falli oublier de bloguer cette action de grâce pour la libération des religieuses de Maaloula qui a priori n’ont pas été persécutées :)

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Dans la note 51 de l’exhortation “Evangelii gaudium”, voici les phrases de deux Pères de l’Église que le pape François applique à l’accès des divorcés remariés à la communion :

Saint Ambroise, dans le “De Sacramentis”: “Je dois toujours le recevoir, pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède.” Et aussi : “Celui qui a mangé la manne est mort. Celui qui aura mangé de ce corps obtiendra la rémission de ses péchés.”

Saint Cyrille d’Alexandrie, dans son commentaire de l’évangile de Jean : “Je me suis examiné et j’ai reconnu que j’étais indigne. À ceux qui parlent ainsi, je dis : et quand serez-vous dignes ? Quand vous présenterez-vous alors devant le Christ ? Si vos péchés vous empêchent de vous approcher et si vous ne cessez jamais de tomber – qui connaît ses fautes ? dit le psaume – resterez-vous sans prendre part à la sanctification qui fait vivre pour l’éternité ?”.

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Bergoglio, le général qui veut vaincre sans combattre (via pegobry)

(via pegobry)

"Les Français perdus dans la foule se ressemblaient tous, avait le même air sombre et tourné vers l’avenir, comme ceux qui autrefois étaient venus ici par le Labrador, où ceux qui avaient atterri ailleurs dans les mêmes conditions, avec les mêmes souffrances, fuyant la misère ou la persécution, à la rencontre de la douleur et de la pierre.
(…)
Tels les Espagnols de Mahon (…) ou ces Alsaciens qui en 71 avaient refusé la domination allemande et opté pour la France, et on leur avait donné les terres des insurgés de 71, tués ou emprisonnés, réfractaires prenant la place chaude des rebelles, persécutés-persécuteurs d’où était né son père qui, quarante ans plus tard, était arrivé sur ces lieux, du même air sombre et buté, tout entier tourné vers l’avenir, comme ceux qui n’aiment pas leur passé et qui le renient, émigrant lui aussi comme tous ceux qui vivaient et avaient vécu sur cette terre sans laisser de trace, sinon sur les dalles usées et verdies des petits cimetières de colonisation."

Le Premier Homme, Albert Camus, fin de la première partie.